| RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES SUR BEJA: | SOMMAIRE | |
| 1. SALLUSTE 2. PLINE 3. PLUTARQUE 4. Silius Italicus 5. Procope 6. Al-Bakri 7. Al-Idrissi 8. Mohamed El Abdery 9. Léon L'AFRICAIN 10. MARMOL 11. Pierre d'AVITY 12. Laurent d'ARVIEUX 13. Thomas SHAW 14. Morcelli 15. Jean-André PEYSSONNEL 16. Henri DUNANT 17. Victor GUERIN 18. Albert de LA BERGE 19. le capitaine VINCENT (1883) 20. Henri SALADIN 21. René CAGNAT (1888) 22. René CAGNAT (1901) 23. René CAGNAT (1887) 24. Charles DIEHL 25. Edouard CHARTON 26. A. L. FROTHINGHAM Jr 27. Emile VIOLARD 28. Le capitaine Vincent 29. Elisée Reclus 30. Stéphane GSELL 31. Abbé Bonjean 32. Abbé NEU 33. Ammar MAHJOUBI 34. René Cagnat (1886) |
1. SALLUSTE (86 avant J.-C. -
vers 35 avant J.-C.) Titre: La guerre de Jugurtha XXIX . - Mais sitôt que, par ses émissaires, Jugurtha eut essayé de l'acheter et lui eut clairement fait voir combien serait rude la guerre qu'on l'avait chargé de conduire, son âme, d'une cupidité maladive, n'eut pas de peine à changer. Au demeurant, il avait pris comme associé et comme instrument Scaurus qui, au début, dans la corruption générale des gens de son clan, avait lutté contre le roi numide avec la dernière vigueur, mais que le chiffre de la somme promise détourna de la vertu et de l'honneur, pour faire de lui un malhonnête homme. Tout d'abord Jugurtha se bornait à payer pour retarder les opérations militaires, comptant obtenir mieux à Rome, en y mettant le prix et grâce à son crédit. Mais, quand il apprit que Scaurus était mêlé à l'affaire, il ne douta plus guère de voir rétablir la paix et décida d'aller lui-même discuter toutes les conditions avec Bestia et Scaurus. En attendant, le consul, pour prouver sa bonne foi, expédie son questeur Sextius à Vaga, place forte de Jugurtha, et donne comme prétexte de ce déplacement la livraison du blé qu'il avait ouvertement exigé des envoyés de Jugurtha pour leur accorder une trêve, en attendant la soumission du roi.Jugurtha, comme il l'avait décidé, va au camp romain ; devant le conseil, il dit quelques mots pour flétrir l'indignité de sa conduite et offrir de se soumettre; puis il règle le reste en secret avec Bestia et Scaurus. Le lendemain, on vote en bloc sur le traité et on accepte la soumission du roi. Suivant les décisions impératives prises en conseil, Jugurtha livre au questeur trente éléphants, du bétail et des chevaux en grand nombre, et une petite somme d'argent. Calpurnius part pour Rome procéder à l'élection des magistrats. En Numidie et dans notre armée, c'est le régime de la paix. XLVII - Non loin de la route que suivait Métellus, était une place forte numide appelée Vaga, le marché le plus fréquenté de tout le royaume, où habitaient et commerçaient ordinairement beaucoup d'Italiens. Le consul, en vue de connaître les sentiments de l'habitant et de s'assurer une position si les circonstances le permettaient, y mit une garnison. Il y fit porter du blé et tout ce qui peut servir à la guerre, dans la pensée, justifiée par les faits, que les nombreux hommes d'affaires de Vaga l'aideraient à s'approvisionner et à protéger les approvisionnements déjà faits. Et à cette activité Jugurtha répondit en envoyant suppliants sur suppliants, pour demander la paix et s'en remettre absolument à Métellus, pourvu qu'à ses enfants et à lui fût accordée la vie sauve. Comme les premiers, le consul poussa ces gens à la trahison, puis les renvoya chez eux. Il ne refusa ni ne promit la paix au roi, et, pendant de nouveaux délais, attendit l'effet des promesses qu'on lui avait faites.LXVI
- Jugurtha, ayant
renoncé à se soumettre, recommence les hostilités; sans perdre de temps il se prépare
avec le plus grand soin, rassemble une armée, rallie à sa cause, par la terreur ou
l'appât des récompenses, les cités qui l'avaient abandonné, fortifie ses positions,
refait ou achète les armes d'attaque, de défense et tout ce dont l'espérance de la paix
l'avait privé, séduit les esclaves romains, cherche à gagner à prix d'or nos
garnisons, bref, ne laisse rien en dehors de son action, sème partout le désordre et
l'agitation. LXVII - Les soldats romains, ne
comprenant rien à ce coup imprévu et ne sachant que faire, s'élancent en désordre vers
la citadelle, où étaient leurs enseignes et leurs boucliers ; ils y rencontrent une
troupe ennemie ; les portes fermées les empêchent de fuir. Et puis, les femmes et les
enfants, perchés sur le toit des maisons, leur jettent à qui mieux mieux des pierres et
tout ce qui leur tombe sous la main. Ils ne savent comment se garantir de ce double danger
; les plus courageux ne peuvent résister aux attaques du sexe faible ; bons et mauvais,
braves et lâches sont massacrés sans défense possible. Dans cette situation
désespérée, avec les Numides qui s'acharnent et dans cette ville close de toutes parts, seul de tous les Italiens,
Turpilius le commandant put s'échapper sans blessure. Son hôte eut-il pitié de lui ?
S'était-il entendu avec lui ? fut-ce le hasard ? Je n'en sais rien. Mais lorsque, dans
une telle calamité, un homme préfère une vie honteuse à un nom sans tache, je l'estime
malhonnête et méprisable. LXVIII - Métellus, informé des
événements de Vaga, est désespéré et ne se laisse
pas voir de quelques jours. Puis, la colère se mêlant au chagrin, il prépare tout pour
aller sans retard venger son injure. Il prend la légion avec laquelle il hivernait et le
plus possible de cavaliers numides ; il les emmène sans bagages au coucher du soleil. Le
lendemain, vers neuf heures, il arrive dans une plaine, bordée de petites collines. Ses
soldats étaient harassés par la longueur de la route et déjà allaient refuser
d'avancer; il leur dit que Vaga n'est plus qu'à mille pas et
qu'ils doivent volontiers s'imposer encore une légère fatigue pour venger leurs
concitoyens, aussi malheureux que braves ; il ne manque pas de faire luire à leurs yeux
l'espoir du butin. Il leur redonne ainsi de l'énergie, place en tête sa cavalerie sur un
large front, derrière, l'infanterie en rangs bien serrés, avec ordre de dissimuler les
drapeaux. LXIX - Les habitants de Vaga, apercevant une armée en marche vers leur ville, crurent d'abord avoir affaire à Métellus, ce qui était vrai, et ils fermèrent leurs portes. Puis ils observent qu'on ne dévaste pas la campagne et que des cavaliers numides sont en tête de la troupe. Ils croient alors à l'arrivée de Jugurtha et, avec de grands transports de joie, marchent à sa rencontre. Tout à coup, à un signal donné, cavaliers et fantassins massacrent la foule répandue au dehors, se précipitent aux portes, s'emparent des tours; fureur, espérance du butin sont plus fortes que la lassitude. Deux jours seulement, les habitants de Vaga avaient pu jouir de leur perfidie.Tout, dans cette grande et riche cité, fut livré au massacre et au pillage. Turpilius, le commandant de la place, qui, nous l'avons dit, avait seul pu s'enfuir, fut invité par Métellus à se justifier; il y réussit assez mal. Condamné et battu de verges, il eut la tête tranchée; c'était un citoyen latin. |
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